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J'AI TESTE POUR VOUS
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Untrench bleu marine, un jean slim et une paire de boots marron : voilà qui fait tout même plus sérieux pour le boulot. |
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Le relooking pour business-woman
Pour le fun, j’ai troqué mon look de journaliste bohème contre celuid’une working-girl de la finance. Bluffant...
Huit heures. Douchée, maquillée... mais toujours pas habillée. Devant mon dressing plein à craquer, c'est la panique : « Au secours, je n?ai rien à me mettre ! » Que celle qui n'a jamais connu l'angoisse de la working-girl en petite culotte, à l'heure où les collègues ont déjà presque tous rejoint leur bureau, me jette la première paire de talons-aiguilles (si possible, pas dans l'oeil, merci). Choisir sa tenue, c'est trop souvent un casse-tête. Il faut tenir compte du jugement impitoyable du client, des regards inquisiteurs de la hiérarchie cravatée et surtout des cancans des collègues qui se répandent comme une traînée de poudre dans mon bureau en open-space.
Le parfum, un révélateur.
Un jour, j'en ai eu ras-le-bol. J'ai décidé de m'épancher auprès d'un spécialiste du relooking. Après tout, je ne suis pas la seule : 41 % des femmes, selon un sondage IPSOS, rêvent de se faire conseiller par des professionnelles sur leur façon de s’habiller. J'ai mis la barre très haut. Rien que pour le fun, j'ai cherché quelqu'un qui m'aiderait à troquer mon look de journaliste bohème contre celui d’une working-girl de la finance .
C'est ce que j'ai expliqué à Catherine Malotaux, patronne et fondatrice de l’agence Anjouna, lors de notre premier contact téléphonique. Quelques jours plus tard, rendez-vous était pris. Tarif : 645 euros. OK, ce n'est pas donné, mais à ce prix-là, vous avez droit à une journée complète de relooking. Et puis Anjouna a déjà fait ses preuves. Catherine Malotaux s'adresse aux particuliers mais l'essentiel de son activité, ce sont les entreprises, à qui elle propose des ateliers collectifs de conseil en image. Des cadres aussi font la queue à la porte de l’agence, juste au dessus de la gare Lille-Europe, pour qu'elle les aide à changer de dégaine. Autant dire que question business, elle en connaît en rayon.
Je retrouve donc Catherine Malotaux à Lille, dans les salons feutrés de l’Hermitage Gantois, l'un des plus beaux hôtels de la région. C'est là qu'elle donne rendez-vous à ses clients. D’emblée, j'ai droit à mon bilan d’image. Au menu : des questions classiques sur ma profession (pour l'exercice, je me mets dans la peau d'une DRH de banque, imaginez le rôle de composition !), ma taille (un mètre quatre-vingt-trois), le style de ma garde-robe, et mes habitudes de shopping (j'avoue que je ne donne pas trop dans le classique, je me laisse souvent tenter par le côté bobo-chic) mais aussi sur mon parfum.
Catherine s'en sert comme d'un révélateur. Sa théorie : le choix d'un parfum relève d'une part de l'inconscient, on peut dissimuler sa vraie personnalité par son comportement, mais le parfum, lui, ne peut pas mentir. Personnellement, j'en change souvent, mais en ce moment, je carbure à L'Eau d'Issey, un parfum un peu fruité signé Issey Miyake.
Avant de livrer son diagnostic, Catherine procède au test des couleurs. J'essaie donc des foulards de différentes teintes. Ma préférence va aux couleurs froides. J'apprécie les teintes sombres tout comme les tons un peu plus clinquants tels le vert émeraude ou le fuschia par exemple. Après avoir enregistré ces données, Catherine livre son verdict avant d'en déduire une stratégie. Question style, elle dit avoir décelé en moi des goûts très féminins, un côté femme-enfant, avec un je-ne-sais-quoi qui me classerait dans la catégorie « artistes » ou « bourgeois-bohèmes ».
“Coconut brown“.
Elle a aussi compris que je n'étais pas rebutée par les fringues un tantinet extravagantes et a repéré mon côté caméléon. C'est assez bien vu. Je confirme qu'il m'arrive d'être talon-aiguille le lundi puis de me balader en jean's-converse le mardi... Pas question pour elle de m'abonner au traditionnel mais trop rigoureux tailleur bleu marine, qui collerait pourtant bien à l’austérité de la fonction. Je ne me sentirais effectivement pas à l'aise dans une telle tenue sept jours sur sept.
Par ailleurs, Catherine veut provoquer une rupture entre les reflets chauds de mes cheveux et mes vêtements en privilégiant des couleurs comme le noir, le chocolat, le violet, le rouge-cerise. En ajoutant une petite touche de lumière avec les bijoux en argent. On entre dans le vif du sujet avec la première étape : le relooking coiffure. Ni une, ni deux, Catherine me confieà Fabien, directeur artistique chez Michel Dervyn. J'échappe heureusement au chignon, bien trop strict avant d'admirer, quelques coups de ciseaux plus tard, ma coupe Club Cut agrémentée d'une coloration Coconut Brown. Sévère, sans être rigide. Parfait pour le monde de la finance. Deuxième étape : le maquillage. C’est Catherine qui s’y colle ! La jolie brune énonce les règles de base : démaquillage profond, respect du teint naturel, de la couleur des yeux, des cheveux. Elle ose des couleurs que j’imaginais complètement « out », comme le violet. Je suis bluffée par le résultat.
Troisième étape : le shopping. Direction une boutique branchée du Vieux-Lille. Règle d'or : ne jamais associer plus de trois couleurs. D’emblée, Catherine repère et accumule les frusques en cabine d’essayage : un trench bleu-marine, un jean slim, une robe émeraude, des boots marron et un chemisier à petites fleurs. Je tique un peu sur le chemisier à fleurs. Catherine insiste. Je finis par craquer. Depuis, je l'ai adopté. Une fois de plus, c'est elle qui avait raison !
Anne Beaumeiste
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