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J'ai testé pour vous
L'école du rire
Pour lutter contre la sinistrose ambiante, l’Ecole du rire et du bien-être propose des séances de rigologie. Impayable !
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Dans la région, trois écoles du rire vous aideront à vous dérouiller les zygomatiques à Lambersart (notre photo), à Bondueset dans le Vieux-Lille. |
Un gros coup de blues me cueille à la sortie de l’hiver. Comment retrouver le sourire ? En trois clics, je trouve sur Internet les coordonnées de trois écoles du rire présentes dans le Nord. Apprendre à rire ? Et pourquoi pas ! Raymond Devos ne disait-il pas que « le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter ». L'école de Lambersart est la plus proche de chez moi. En plus, la séance découverte est gratuite.
ça commence mal : les sessions ont lieu dans une salle tristoune du centre Jules-Maillot. Mais la quinzaine d’adeptes me mettent à l’aise. On se tutoie et les bises claquent. Jacques Sion, 72 ans, le fondateur de l’association « Rire pour vivre », anime la session tambour battant, secondé par l’hilarité contagieuse de son épouse Nicole. On commence par s’échauffer. « On respire à fond, on s’étire pour débloquer son diaphragme ». Une ronde se forme et scande « oh, oh, cha-cha-cha » en frappant des mains.
Endorphines. Chaque exercice s’achève par un éclat de rire collectif et prolongé. Je craignais ces rires forcés mais à ma grande surprise, je ne fais pas semblant. Je m’amuse vraiment, et de bon cœur. « Quand nous rions, le cerveau libère des endorphines, qui sont des antidouleur et des euphorisants naturels. L’organisme ne fait pas la différence entre le rire spontané et le rire artificiel », m’explique le professeur, lui-même formé par le cardiologue indien Madan Kataria, inventeur de la méthode, forte aujourd'hui de 3 500 écoles à travers le monde.
Ici, pas de blagues carambar mais des petites saynètes à jouer ensemble. « La maîtresse vient de sonner la fin de la récréation. Nous n’avons pas envie de rentrer », propose Jacques. Aussitôt, nous trépignons en faisant des grimaces, comme des enfants contrariés en plein caprice. Le comptable, l’infirmière, la fonctionnaire territoriale, la documentaliste, l’assistante maternelle, le retraité et la journaliste se trémoussent avec force mimiques. Irrésistible : on se marre comme des fous.
Les bras écartés, les mains posées sur le ventre de nos voisins (pour bien sentir l’énergie jubilatoire qui nous traverse) nous rions encore à gorge déployée, en vocalisant les cinq voyelles : « hi-hi-hi », « ha-ha-ha », « hu-hu-hu »… Suivent le jeu du somnambule, qui se termine par de grandes accolades, et la chenille, qui autorise quelques chatouilles. J’effleure timidement les flancs de ma voisine, mais mon voisin m’attaque par surprise, à l’estomac.
A la pause, moi qui ne suis habituellement pas une boute-en-train, je me surprends même à raconter des histoires drôles en prenant l’accent de Marseille. Plus de doute : j'ai fait l'Ecole du rire ! Et j'en redemande.
Carmela Vicente
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