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A l’origine, l’architecte Louis-Marie Cordonnier voulait des sièges bleus. Mais les Allemands, qui réquisitionnent le bâtiment flambant neuf et finissent eux-mêmes sa déco sous l’Occupation, se servent des fauteuils rouges d’un autre théâtre lillois, le Sébastopol. La rénovation de la fin des années 90 par les architectes Patrice Neirinck et Pierre-Louis Carlier n’a pas réhabilité la volonté initiale du créateur. |
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Les coulisses de l’Opéra
Depuis le 9 décembre 2003, barytons, sopranos et ténors font à nouveau résonner leur timbre sous ses plafonds dorés. Ce jour-là, après cinq années de rénovation, l’Opéra de Lille rouvrait enfin ses portes. Un nouveau départ pour ce monument d’architecture inspirée du Palais Garnier, qui aura connu bien des couacs tout au long de son existence.
Réquisitionnée par les Allemands au début la Grande Guerre, alors que sa construction est à peine achevée, la bâtisse ne sera inaugurée qu’au début des années folles, le temps de tout remettre en état. A la fin des années 80. Asphyxiée par un déficit de 14 millions de francs, suite à une série de productions désastreuses, la direction met la clé sous la porte. Bilan, 215 licenciements. Rebelote en 1998. Motif, cette fois : vétusté et non-conformité aux normes de sécurité…
Aujourd’hui, l’Opéra de Lille (51 salariés) semble avoir trouvé sa vitesse de croisière, notamment grâce à une gestion plus rigoureuse. Doté d’un budget de 10 millions d’euros, il fait le pari de la jeunesse (un quart de ses abonnés est âgé de moins de 26 ans). Samedi 27 mars, par exemple, le temple du bel canto se transformera – gratuitement - le temps d’un après-midi, en terrain de jeux pour les enfants. Pour attirer les mélomanes comme les néophytes, sa direction organise chaque mercredi soir des rendez-vous musicaux dans son splendide foyer, qui alternent programmes baroques ou contemporains, récitals de chant. Dans la maison de Puccini, Mozart ou Purcell, il y en a pour tous les goûts.
Photos : François Canar
Textes : Joffrey Levalleux
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